Dans le cadre de notre recherche, nous cherchons à modéliser une intelligence collaborative par la transmission de savoir auto régulée par la ou les communauté(s) pour favoriser « l’exponentialité » de la génération de valeur.

Dans les années 2000, la mondialisation apparaît comme une chance pour de nombreux pays qui connaissent une croissance forte (10 % en Chine). Dans ce contexte, les comportements des populations se modifient et se rapprochent de ceux observés dans les pays dominants. Certains modes de consommation s’uniformisent sur le modèle américain. Cette américanisation des sociétés encourage les migrations internationales, légales ou clandestines : la mobilité des hommes devient de plus en plus forte. Assimilé à un impérialisme culturel, le processus d’uniformisation suscite cependant des réactions plus ou moins radicales : replis identitaires, voire fondamentalistes d’une part, développement de discours critiques soucieux de promouvoir des alternatives (altermondialiste par exemple) d’autre part. Mais ces réactions s’inscrivent elles-mêmes dans le mouvement qu’elles dénoncent : celui de l’affirmation d’une société planétaire au sein de laquelle s’expriment des opinions contradictoires. Aux Etats-Unis, au tout début des années 2000, les neurosciences donnent naissance au Neuromarketing. En 2002, une expérience sur Coca-Cola et Pepsi lui donne un sérieux coup de pouce, le neuromarketing exprime l’avènement d’une nouvelle ère dans laquelle le consommateur représente des données permettant de prévoir des comportements d’achats.

Depuis le déclenchement de la crise des « subprimes » aux Etats-Unis en été 2007, le choc s’est propagé rapidement dans le monde et a pris de court les décideurs politiques qui ne mesurent que tardivement l’ampleur et la nature de la crise actuelle avec l’effondrement des prix des différents actifs. La crise des « subprimes » s’apparente initialement à une crise immobilière banale comme celles que nous avons connues maintes fois dans le passé. Dorénavant, avec les faillites de plusieurs grandes banques américaines et européennes et les signaux démultipliés de ralentissement brutal de l’économie mondiale, on pourrait qualifier l’actuelle crise de grande crise systémique.

Un changement de paradigme et de nouvelles règles de jeu

“L’ancien monde est définitivement mort en 2008 avec le début de la crise, même si on ne s’en est pas rendu compte à l’époque. Pour la première fois depuis le XIXe siècle et l’avènement du socialisme et du capitalisme, un nouveau système économique, basé sur le partage et la collaboration, est en train d’émerger avec la conjonction de deux bouleversements majeurs : dans la communication d’une part, avec la généralisation progressive d’Internet aux objets, dans l’énergie d’autre part, avec l’arrivée de nouvelles sources d’énergie illimitées et quasi gratuites. Comme lors des précédentes révolutions industrielles, le déploiement, à très grande échelle d’une nouvelle matrice communication-énergie, change radicalement la donne et transforme de fond en comble l’économie telle que nous la connaissons”. Lille, le 25 octobre 2013. Jeremy Rifkin, économiste et sociologue américain

Avec l’émergence du numérique (article précédent  » la nouvelle réalité qu’impose l’ère des données), le monde qui nous entoure est devenu de plus en plus connecté. De cette connexion omniprésente sont nées la multiplication des données numériques, la remise en cause du mode de vie actuelle et des réglementations existantes autour de questionnement autour de l’économie de partage, de nouveau mode de vie sociale écologique, de nouvelles réglementations et la sécurité des citoyens et des consommateurs.

Hormis quelques rares exceptions, les méthodologies et les systèmes existants ne s’intéressent que très peu à la notion de génération de valeur pour une organisation donnée qu’elle soit privée, publique ou même semi-privée. Quelques disciplines, telles que la gouvernance par les données, tendent à valoriser les données en tant que ressources numériques et permettent d’envisager le développement d’architectures, de réglementations, de pratiques et de procédures qui gèrent correctement les besoins des organismes sur le plan de tout le cycle de vie des données.

Cependant, ces données ne sont pas toujours identifiées comme un enjeu stratégique par les entreprises et les organisations gouvernementales. Pourtant, à un moment où l’on parle de plus en plus d’économie du savoir et du partage, on constate que les informations qui constituent le cœur de métier des entreprises deviennent stratégiques.

Il y a d’abord le besoin de pouvoir anticiper. Or, du fait de la nature même de la conception de beaucoup de systèmes décisionnels qui manipulent des données de carnet de commande et de chiffre d’affaires, la visibilité des systèmes de pilotage classiques est souvent limitée. Elle dépend beaucoup du secteur économique et de la durée du cycle de vie : long terme (pour le nucléaire), court terme (pour les produits de grande consommation). La possibilité de recherche d’information par des moteurs de recherche en source ouverte offre certes des possibilités nouvelles considérables, mais présente dans le même temps plusieurs difficultés telles que le bruit informationnel, et les risques de pillage technologique, qui posent des questions de protection des données sur le plan juridique.

Deux problèmes complémentaires retiendront particulièrement notre attention. Dans un premier temps, notre recherche sera portée sur l’impact de ce changement de paradigme qui nous emmènera à mieux comprendre les notions d’efficacité organisationnelle et de génération de valeur. Durant ce dernier siècle, nous retracerons d’abord son évolution et ses conséquences économiques, juridiques, sociales et politiques. Ce changement de paradigme entretient des rapports complexes avec les notions clés que sont d’une part la liberté et l’auto réalisation de l’individu et d’autre part les relations de reconnaissance sociale à travers l’accomplissement organisationnelle. Nous cherchons par là à bien comprendre son caractère central, dans la mesure ou la génération de valeur et le positionnement de chaque individu est une condition sine qua non à l’efficience organisationnelle.

Le deuxième volet de notre recherche portera sur la thèse suivant laquelle la régulation par la ou les communauté(s), ce qui permet de poser les jalons d’un cadre conceptuel servant d’alternative valable au paradigme principal permettant de développer une intelligence collaborative. Dans la mesure où sa finalité est, du point de vue de l’individu se cultivant, le développement de ces qualités qui forment le cœur de l’ethos démocratique (auto-réalisation, rationalité, autonomie, liberté). Elle nous permettra de rendre explicite les ressources culturelles desquelles dépendent concrètement les théories de la société juste (par exemple, l’éthique, le comportement, la responsabilisation). S’imposera alors à nous l’examen des conditions suivant lesquelles une telle modélisation est réitérable et visant à déterminer si la notion même de partage et de régulation est compatible est réalisable peu importe le contexte pour générer de la valeur.